Décidément le Luxembourg a bien des secrets à nous livrer … Extraits de l’article du journal « Le Temps » du 4 Juin :
« Le juge d’instruction français Marc Trévidic, qui enquête sur l’attentat de Karachi et ses liens avec la vente de trois sous-marins Agosta au Pakistan sous le gouvernement Balladur, est venu à Genève au mois de mai, a appris Le Temps. Le magistrat, spécialisé dans l’antiterrorisme, a consulté le dossier plus connu sous le nom de «l’affaire Bhutto». «Il n’a pas été déçu de sa visite et a sollicité la transmission de certains documents très ciblés», précise la juge d’instruction Alix Francotte-Conus, chargée
de conduire cette procédure d’entraide. [...] il semble que le juge Trévidic soit bien tombé sur des comptes et des flux financiers susceptibles d’éclairer son dossier.
D’ici-là, l’enquête française se poursuit dans un climat tendu. La Commission consultative du secret de la défense nationale doit se réunir autour du 15 juin pour répondre à une nouvelle demande de déclassification de documents présentée par le juge Trévidic. »
Extraits du journal « Le Parisien » du 7 Juin 2010 :
Entre 2006 et 2007, des cadres d’une petite société luxembourgeoise, Heine, ont multiplié les courriers à de hauts responsables politiques français, menaçant de révéler les aspects les plus troubles du contrat de vente d’armes au Pakistan. Ces lettres, que publie « le Parisien » – « Aujourd’hui en France» , ont été saisies en 2009 par la police luxembourgeoise.
La liquidation de la société. En 2004 est décidée la liquidation de Heine, devenue Eurolux. Selon Mediapart.fr, la DCN verse, le 1 e r juillet 2004, une indemnité de résiliation d’un peu plus de 600 000 € aux cadres de Heine, qui réclament 8 M € . Pour cela, ils écrivent au président, Jacques Chirac, au ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, ou à la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie. Des lettres qui s’apparentent à du chantage.
Les secrets du patron de Heine. D’après Gérard-Philippe Ménayas, ancien directeur financier de la DCN, Boivin aurait conservé plusieurs documents compromettants dans un coffre de la banque suisse UBS. Si ce coffre n’a jamais été ouvert, un autre à la banque BGL de Luxembourg appartenant à Boivin a été percé par les policiers. C’est là qu’ils découvrent le 30 janvier 2009 un document, rédigé en anglais, daté de septembre 2000. Selon les enquêteurs cette pièce fait état d’un « dernier paiement dans le cadre d’une grande affaire de corruption ». La DCN aurait versé plus de 13 M € à un intermédiaire.
Les conclusions de la police luxembourgeoise. « Ce document pourrait avoir été placé dans ce coffre pour servir de monnaie d’échange à M. Boivin par rapport à ses anciens patrons », avancent les enquêteurs. En référence aux politiques français. Une chose est sûre, à partir de début 2007, Boivin n’a plus fait parler de lui. A-t-il obtenu ce qu’il réclamait ? Aujourd’hui, il s’est enfermé dans le mutisme.
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Nicolas Sarkozy est mentionné dans un rapport de police luxembourgeois concernant le paiement de commissions occultes de dizaines de millions d’euros en marge d’une vente de sous-marins français au Pakistan en 1994.
Ce document daté du 19 janvier 2010 est aux mains de deux juges d’instruction français qui enquêtent sur la Direction des constructions navales (DCN), l’entreprise ayant construit les sous-marins, a dit mercredi une source judiciaire, confirmant une information du site Mediapart (lire l’article « Karachi : la police luxembourgeoise met en cause Nicolas Sarkozy » sur Mediapart.fr).
Analysant des documents saisis lors de leur enquête au Grand-Duché, le policiers luxembourgeois évoquent l’implication de Nicolas Sarkozy, ministre du Budget en 1994, dans la création d’une société au Luxembourg, Heine, qui a reçu des dizaines de millions d’euros en marge du marché.
« Un document fait état de l’historique et du fonctionnement des sociétés Heine et Eurolux. Selon ce document, les accords sur la création des sociétés semblaient venir directement de M. le Premier ministre Balladur et de M. le ministre des Finances (en fait ministre du Budget, ndlr) Nicolas Sarkozy », écrivent les policiers dans leur rapport publié en partie par Mediapart.
Un total de quelque 84 millions d’euros de commissions destinées à des officiels pakistanais, soit 10% du contrat, avait été convenu en marge de la livraison de sous-marins Agosta par la DCN au Pakistan, a déjà établi une mission d’information parlementaire française.
« Des références font croire à une forme de rétrocommissions pour payer des campagnes politiques en France. Nous soulignons qu’Edouard Balladur était candidat à l’élection présidentielle en 1995 face à Jacques Chirac et était soutenu par une partie du RPR dont Nicolas Sarkozy et (le ministre de l’Intérieur à l’époque, ndlr) Charles Pasqua », écrivent les policiers du Luxembourg.
Souvenez vous de juin 2009 où Nicolas Sarkozy qualifiait la thèse de Marc Trévidic de « fable … grotesque » et nous, familles de victimes de « trucs » …
Un chef de l’Etat qui ment à ses concitoyens au sujet de l’assassinat de ses concitoyens, ce n’est pas tolérable !
En conséquence, nous demandons la démission de Nicolas Sarkozy ! ainsi qu’un procès aux assises afin de traduire en justice tout ceux qui, de près ou de loin, sont responsables de la mort de nos proches.
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Ziad Takieddine accuse « Jacques Chirac et Dominique de Villepin, à l’Elysée, et leurs « hommes », le diplomate Maurice Gourdault-Montagne et, notamment, un homme de l’ombre, Alexandre Djouhri, d’avoir, par leurs agissements, fait que la France passe aujourd’hui pour un des pays les plus corrompus au monde et ne vende plus rien à l’international » . Dans le même entretien accordé au JDD le 30 Mai, il déclare être » la solution pour permettre à la justice française de découvrir la vraie affaire » [concernant Karachi] et espère même des excuses …
Si M. Takieddine sait tant de choses , qu’il n’hésite surtout pas à les livrer à la justice !
Pendant ce temps, le juge Trévidic en charge de notre affaire mais aussi de celle de l’assassinat des moines de Tibéhirine, a fait « perquisitionner » son bureau afin de faire ouvrir un coffre ayant appartenu à son prédecesseur JL Bruguières: « Y figurent notamment les aveux de plusieurs repentis des Groupes islamiques armés (GIA), soupçonnés d’être à l’origine du rapt et de l’assassinat des moines trappistes. La parole de ces déserteurs avait été recueillie en 2006, par la police algérienne, dans le cadre d’une commission rogatoire internationale ». (Mediapart).
M. Bruguière ne serait -il pas finalement si exemplaire ???
Pour en savoir +, lisez l’article de Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme (onglet Articles, Mediapart).
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Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris a débouté Ziad Takieddine, présenté comme un intermédiaire dans des contrats de vente d’armes, de sa demande de report de la parution d’une enquête de deux journalistes sur l’attentat de Karachi en 2002.
M. Takieddine assignait en référé les deux journalistes de Médiapart Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme, pour obtenir le report de trois mois de la parution, prévue mercredi, de leur enquête « Le contrat, Karachi, l’affaire que Sarkozy voudrait oublier », éditée chez Stock.
M. Takieddine reprochait à l’enquête des deux journalistes de reprendre une « thèse diffamatoire » le présentant comme un intermédiaire imposé par le cabinet de l’ancien ministre de la Défense, François Léotard, peu de temps avant la conclusion de la vente de sous-marins Agosta en 1994.
Le juge des référés, Nicolas Bonnal, l’a débouté mardi de sa demande et a condamné M. Takieddine à verser 1.000 euros à chacun des deux auteurs ainsi qu’à la maison d’édition au titre des frais de justice. (AFP)
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Mercredi, en réponse aux questions de Bernard Cazeneuve (rapporteur de la mission d’information parlementaire), Michèle Alliot – Marie et Hervé Morin ont réitéré leur volonté de faire toute la lumière sur l’enquête concernant l’attentat de Karachi. A nouveau de belles promesses qui seront sûrement aussi vite oubliées que toutes celles que l’on nous a servies depuis 8 ans.
Alors pourquoi rencontrons nous autant de difficultés à obtenir les éléments dont l’instruction a besoin pour avancer ? Voici le florilège des dernières « volontés » pour nous aider à connaître la vérité :
- Ziad Tiakkedine, cités dans de nombreux témoignages et documents et suspecté d’être un des intermédiaires du contrat Agosta demande à la justice d’ordonner le report de l’ouvrage « Le contrat » de Fabrice Arfi et Fabrice Lhomme à paraître le 19 Mai prochain ainsi que la suppression des passages qui le concernent et l’insertion d’un avertissement en forme de démenti catégorique, sans compter 20.000 euros de dommages et intérêts. Et ce car il « reprend les faux témoignages et les propos diffamatoires dénoncés »… lire l’article de Mediapart : « l’enquête sur Karachi menacée d’interdiction ».
- Mme Christine Lagarde, ministre de l’économie, a refusé que les fonctionnaires ayant eu à travailler sur le contrat Agosta soient entendu par la mission d’information parlementaire (lire l’article de Mediapart : « Karachi : l’obstruction écrite de Christine Lagarde ») …
- L’avant – propos rédigé par le président de la mission parlementaire Yves Fromiont (UMP) ne vise qu’à discréditer le travail colossal et difficile de ses collègues et en particulier de Bernard Cazeneuve … lire l’article de Mediapart : « Karachi : l’enquête impossible du député Cazeneuve »
Bref, beaucoup d’efforts pour étouffer une affaire dont de nombreux politiques aiment à dire que le responsable est Al-Qaïda !!! si tel est le cas, vous n’avez rien à cacher … alors, messieurs, déclassifiez !
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Le 19 Mai sortira en librairie « le Contrat » de Fabrice Lhomme et Fabrice Arfi (Stock). Après 2 ans d’investigations, les 2 Fabrice de Mediapart nous livrent leurs découvertes dans un ouvrage qui risque d’être plus qu’intéressant au vu des quelques extraits déjà relatés dans la presse cette semaine …
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Selon des documents que «Libération» s’est procuré, des intermédiaires proches des balladuriens ont perçu des commissions en 1995 lors d’un contrat de vente de sous-marins français au Pakistan.
La campagne présidentielle d’Edouard Balladur de 1995 aurait reçu 10 millions de francs pouvant provenir de commissions versées sur un contrat de vente de sous-marins au Pakistan auquel s’intéresse un juge antiterroriste enquêtant sur l’attentat de Karachi en 2002. C’est la révélation à lire dans «Libération» (voir dans l’onglet « articles Libération »). Cette révélation est également argumentée dans l’article de Médiapart (voir onglet « articles Médiapart »).
Réponse de Monsieur Balladur : « Rien ne correspond à la vérité, rien n’est étayé par les faits » qualifiant de « tissu d’invraisemblances et d’absurdités » les révélations de Libération …
En juin 2009, nous avions déjà eu le droit à « c’est grotesque … c’est une fable … » de la part de M. Sarkozy !!
A quand des politiques responsables qui s’expliquent
plutôt que d’user d’une rhétorique qui ne convaint plus personne !!!
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Dépêche AFP du 26 Mars 2010
Des données informatiques retrouvées à la suite du piratage de l’ordinateur d’un gérant de sociétés offshore par lesquelles ont transité des commissions sur des contrats d’armements, ont été versées au dossier d’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002, a-t-on appris de sources judiciaires. Jean-Marie Boivin, ancien salarié puis consultant de DCNI, branche export de la Direction des Constructions navales (DCN, devenue DCNS), était le gérant au Luxembourg des sociétés Heine puis Eurolux, par lesquelles ont transité des commissions versées en marge des contrats signés par la DCN.
Parmi ces contrats figure la vente de trois sous-marins au Pakistan en 1994 dont des salariés de DCN travaillaient à la construction à Karachi lorsqu’ils ont été victimes d’un attentat (14 morts dont 11 Français). A Paris, les juges antiterroristes Marc Trévidic et Yves Jannier, enquêtant sur l’attentat de Karachi, s’intéressent de près à des commissions qui pourraient avoir donné lieu à d’éventuelles rétro-commissions versées en marge de ce contrat.
Pour en savoir +, lire l’article de Mediapart du 26 Mars.
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Selon Le Point.fr qui révèle l’information avant la parution de l’hebdomadaire du même nom demain, le rapporteur de la mission d’information parlementaire sur l’attentat de Karachi, le député socialiste de Cherbourg, Bernard Cazeneuve, demande l’audition d’Edouard Balladur au terme de son enquête, en raison de soupçons liés au versement de commissions sur la vente de sous-marins français au Pakistan, qui fut conclue sous son gouvernement, en 1994. Les élus de l’UMP, majoritaires au sein de la mission, pourraient toutefois s’y opposer. Le général Rondot pourrait être lui aussi convoqué.
Créée le 7 octobre 2009, la mission d’information parlementaire a déjà convoqué et entendu (à huis clos) sur cette affaire François Léotard, mais aussi deux autres anciens ministres, Renaud Donnedieu de Vabres et Charles Millon, ainsi que l’ancien directeur du cabinet d’Edouard Balladur à Matignon, Nicolas Bazire.
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Extrait du magazine Le Point du 18 Février 2010
« Un nouveau témoignage conforte la thèse d’un mobile politico-financier dans l’enquête sur l’attentat de Karachi, qui avait tué onze employés de la Direction des constructions navales au Pakistan, le 8 mai 2002. Convoqué en qualité de témoin par le juge Marc Trévidic, l’ancien policier Frédéric Bauer, considéré comme l’un des agents officieux du pouvoir chiraquien, a confirmé être intervenu, en 1996, afin d’empêcher le paiement des commissions prévues sur deux contrats d’armement sensibles : la vente de sous-marins au Pakistan et la vente de frégates à l’Arabie saoudite.
Ces deux marchés avaient été signés en 1994 sous le gouvernement d’Édouard Balladur, et l’entourage de Jacques Chirac suspectait qu’ils aient pu donner lieu au versement de plusieurs dizaines de millions d’euros de commissions occultes destinées à financer le camp balladurien. « Personne ne m’a jamais dit pourquoi l’Élysée avait décidé de bloquer ces commissions, déclare M. Bauer au Point . Ce que je sais, c’est que les bénéficiaires avaient des contrats en bonne et due forme et que, pourtant, ils ont accepté de les déchirer. Si tout avait été clair, pourquoi auraient-ils renoncé à des sommes pareilles ? » Plusieurs témoignages et documents – révélés dans Le Point à paraître jeudi 18 février – attestent que cette mission secrète était pilotée par Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l’Élysée. M. Bauer a confirmé au juge que la mission qui lui avait été confiée visait l’homme d’affaires libanais Ziad Takkiedine.
Or, plusieurs anciens dirigeants de DCN ont expliqué que cet intermédiaire avait été « imposé » dans le montage financier de la vente des sous-marins par le cabinet de François Léotard, alors ministre de la Défense, et notamment par son principal conseiller, l’ancien ministre Renaud Donnedieu de Vabres. « J’ai rendu visite à Takkiedine à son domicile parisien, a précisé l’ancien policier. Je lui ai dit qu’il devait renoncer à ses commissions, qu’un homme seul ne pouvait rien en face d’un État. Il m’a demandé d’arranger un entretien au plus haut niveau. Je lui ai répondu : « Il n’y a rien à négocier. » C’était d’ailleurs la vérité : je n’avais aucun mandat pour transiger. Je devais juste le persuader d’abandonner. C’est ce que j’ai fait. » »
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Suite à notre plainte du 14/12/2009 déposée auprès du Procureur de la République Jean Claude Marin, le parquet a fait savoir le 4 février 2010 qu’une enquête préliminaire avait été ouverte.
Les membres du collectif des familles de victimes décédées ne peuvent que se réjouir de cette annonce qui démontre que les propos qualifiés de diffamatoires par l’Elysée le 17/12/2009 sont tout de même assez importants et crédibles pour déclencher une telle enquête.
Cependant, il ne faudrait pas qu’une fois de plus cette annonce ne soit qu’un effet de communication des autorités à quelques semaines de la prochaine échéance éléctorale, pour être ensuite classée sans suite après les élections.
Par conséquent nous demandons à ce que cette enquête préliminaire soit menée de façon tout à fait indépendante et objective, et, même si ce n’est pas habituel dans ce type de procédure, nous demandons à avoir un accès complet au dossier comme cela avait été rendu possible dans l’affaire Julien Dray.
Pour mémoire, le contenu de la plainte déposée le 14 décembre 2009:
Entrave à la justice, (en application de l’article 434-4 alinéa 2 du Code Pénal) de juin 2002 à ce jour à l’encontre des dirigeants de DCNI, DCNS anciennement DCN et tous autres
Corruption active et passive, (en application de l’article 432-11 433-1 et suivants du Code Pénal) de 1993 à ce jour à l’encontre des sociétés Heine, Eurolux, Armaris, Mercor Finance,Sofema, Sofresa, La Financière de Brienne, l’Association pour la Réforme Faux témoignage à l’encontre de Monsieur Jean – Marie Boivin (en application de l’article 434-13 du Code Pénal) Extorsion, tentative d’extorsion en bande organisée (en application des articles 312-1, 312-6 et 312-9 du Code Pénal) à l’encontre des dirigeants des sociétés Heine, Eurolux, Armaris et tous autres Recel aggravé (en application des articles 321-1 et 321-2 du Code Pénal)
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AFP – le 22 janvier 2010, 08h32
Me Olivier Morice, avocat de parties civiles dans l’enquête sur l’attentat de Karachi en 2002, a accusé vendredi le ministère de la Défense d’avoir « caché » l’existence de documents secret-défense alors que les autorités françaises assuraient que tout avait été transmis à la justice.
Cette mise en cause, dans un courrier transmis au juge d’instruction et consulté par l’AFP, intervient alors que la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a été saisie à nouveau mercredi par le ministère de la Défense qui lui a communiqué, de sa propre initiative, de nouveaux documents classifiés relatifs à cette affaire.
Or, relève Me Morice, à la suite de la déclassification de 40 documents en octobre, « différents ministres et notamment ceux de la Défense et de la Justice soulignaient que la transparence avait été totale dans cette affaire puisque l’ensemble des documents classifiés avaient été communiqués au magistrat instructeur ».
Le 17 décembre, l’Elysée a également assuré que « tous les documents dont la justice a souhaité communication » avaient été déclassifiés.
« Force est de constater que les services de l’Etat ont trompé une nouvelle fois les parties civiles en ne transmettant pas la totalité des documents en relation avec l’attentat de Karachi à la CCSDN », déplore Me Morice.
A la suite de la déclassification des 40 premiers documents, les parties civiles avaient déjà estimé que tous les documents n’avaient sans doute pas été déclassifiés et jugé « insuffisantes » les informations transmises à la justice.
« Il est donc manifeste, ainsi que les parties civiles l’avaient affirmé à l’automne dernier, qu’en son temps le ministère de la Défense a caché à l’examen de la CCSDN un certain nombre d’informations classifiées en relation avec cet attentat terroriste », dénonce Me Morice.
Créée en 1998 et présidée depuis février 2005 par Jacques Belle, la CCSDN, autorité administrative indépendante, a pour mission de fournir « un avis objectif et compétent sur les demandes de déclassification formulées par les juridictions françaises de l’ordre judiciaire ou administratif », suivi dans la quasi-totalité des cas par l’autorité compétente.
Dans sa lettre, Me Morice « regrette également l’absence de curiosité » du président de la CCSDN, rappelant que celui-ci avait le pouvoir « de mener des investigations pour vérifier que tous les documents lui avaient été communiqués ».
Estimant qu’il s’agit d’un « dysfonctionnement scandaleux de la procédure de déclassification », les parties civiles « se réservent le droit de déposer plainte pour délit d’entrave à la justice », selon l’avocat.
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Précision sur la bonne volonté de l’Etat …
Suite à la conférence de presse donnée le 17 décembre 2009 dans les locaux de Maitre Morice, l’Elysée à fait publier un communiqué disant en substance que les propos tenus sont diffamatoires et comme pour se donner bonne conscience « remet sur le tapis » que toute la lumière a été faite sur cette affaire et que la CCSDN a fait déclassifier l’intégralité des documents secret défense liés à l’attentat de Karachi.
Cette affirmation est « une fable grotesque, ridicule », la vérité étant que la CCDSN a effectivement déclassifié 40 documents (pour la plupart partiellement d’ailleurs), mais dans cette liasse ne figurait absolument aucun Secret Défense… tous les documents fournis à la justice sont de niveau « confidentiel défense »…les personnes étant un peu courant remarqueront que la différence est de taille dans le niveau de classification.
Si tous les documents disponibles nous ont été fournis comme le dis l’Elysée, celà signifierait que la DGSE en 8 ans n’a émis aucune note Secret Défense à ce sujet…qui peut croire à une fable pareille??
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Presque 8 ans que nous cherchons la vérité sur l’assassinat de nos proches…
Presque 8 ans que nous « tapons à toutes les portes », y compris au plus au niveau de l’Etat , pour obtenir de l’aide …
MAIS
Presque 8 ans que l’on nous oriente sur de fausses pistes …
Presque 8 ans que l’on nous cache la vérité …
Presque 8 ans que l’on nous prend, nous familles de victimes décédées, pour des demeurées …
Presque 8 ans que l’on bafoue la mémoire de nos proches …
Parce que nous voulons encore croire que la France est un pays où chaque citoyen peut exercer ses droits, quels que soient les enjeux de sa requête, nous demandons des explications à tous les protagonistes de cette sinistre affaire par voie de justice.
La plainte du lundi 14 Décembre entre les mains de monsieur le Procureur de la République est déposée pour :
- Entrave à la justice, (en application de l’article 434-4 alinéa 2 du Code Pénal) de juin 2002 à ce jour à l’encontre des dirigeants de DCNI, DCNS anciennement DCN et tous autres
- Corruption active et passive, (en application de l’article 432-11 433-1 et suivants du Code Pénal) de 1993 à ce jour à l’encontre des sociétés Heine, Eurolux, Armaris, Mercor Finance,Sofema, Sofresa, La Financière de Brienne, l’Association pour la Réforme
- Faux témoignage à l’encontre de Monsieur Jean – Marie Boivin (en application de l’article 434-13 du Code Pénal)
- Extorsion, tentative d’extorsion en bande organisée (en application des articles 312-1, 312-6 et 312-9 du Code Pénal) à l’encontre des dirigeants des sociétés Heine, Eurolux, Armaris et tous autres
- Recel aggravé (en application des articles 321-1 et 321-2 du Code Pénal)
Faisant application de l’article 203 du Code de Procédure Pénale sur la connexité.
Déclaration d’Olivier Morice, notre avocat :
« La difficulté qu’il y a dans ce dossier, c’est que M. Sarkozy est au cœur de la corruption parce qu’elle a été validée lorsqu’il était au ministère du Budget« […]. Il est au cœur parce qu’il a parfaitement conscience, au moment où est validé le système des sociétés écran mises en place, que le montant des commissions exorbitantes est payé très rapidement et n’a d’autre objectif que de financer la campagne présidentielle de M. Balladur« .
Communiqué de Nicolas Sarkozy :
Nicolas Sarkozy a vivement et promptement réagi aux propos de Maître Olivier Morice, en parlant de « diffamation ». Ces déclarations ne « sauraient être excusées par l’expression de la légitime douleur des victimes ou de leurs ayant droits » et le chef de l’Etat « se réserve la possibilité d’y donner les suites de droit et s’inscrit catégoriquement en faux à l’encontre de ces allégations ». L’Elysée rappelle que « le président de la République s’est engagé à faciliter la manifestation de la vérité. Conformément à cet engagement, les ministères concernés ont déclassifié, après avis de la Commission consultative du secret de la défense nationale, tous les documents dont la justice a souhaité communication ».
Rappelons que nous demandons depuis plus d’un an au Chef de l’Etat de nous recevoir, comme il s’y était formellement engagé en avril 2008. Demandes qui restent lettre morte depuis l’émergence du rapport Nautilus …
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PARIS, 16 déc 2009 (AFP)
Six familles de victimes de l’attentat de Karachi contre des salariés de la Direction des constructions navales (DCN) en 2002 ont déposé plainte à Paris pour « corruption » contre le club politique créé en 1995 par Edouard Balladur, ont annoncé ces parties civiles mercredi à l’AFP. Cette plainte est liée à une piste suivie par les juges antiterroristes dans l’enquête sur l’attentat du 8 mai 2002 qui a fait 14 morts, dont 11 salariés de la DCN en poste à Karachi pour la construction de sous-marins vendus par la France en 1994.
Cette piste s’oriente vers l’hypothèse de représailles pakistanaises après l’arrêt des versements de commissions sur ce contrat soupçonné d’avoir donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne présidentielle d’Edouard Balladur en 1995, selon plusieurs témoignages et rapports versés au dossier.
La plainte, déposée lundi par six familles de victimes auprès du procureur de Paris, pour « corruption active et passive » vise nommément l’Association pour la réforme, club politique créé en 1995 par Edouard Balladur.
Une note intitulée « Nautilus », commandée par la DCN après l’attentat et versée au dossier, relève que « l’annulation de ces commissions avait été décrétée en 1995, à la suite de l’alternance politique en France, et visait à assécher les réseaux de financement occultes de l’Association pour la
réforme d’Edouard Balladur ».
L’auteur du rapport Nautilus devait notamment « rechercher sur qui rejaillit la responsabilité de l’attentat », observent les plaignants.
Sont également visées du chef de corruption plusieurs sociétés off-shore (Heine, Eurolux, Mercor Finance) ainsi que la Sofema – un office d’exportation d’armement dont l’Etat est actionnaire – par lesquelles transitaient les commissions.
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MISSION D’INFORMATION PARLEMENTAIRE
Mardi 10 Novembre, les familles de victimes ont été entendues par la mission d’information parlementaire sur les circonstances entourant l’attentat.
Sous la présidence d’Yves Fromion et en la présence du rapporteur Bernard Cazeneuve, les familles ont pu évoqué les conditions de sécurité au Pakistan et donner leur sentiment quant à leur « prise en charge » post – attentat … Les députés se déclarent « déjà surpris de la froideur et de la légèreté de l’accompagnement des victimes après le drame » …
Nous espérons que cette mission aura les moyens de mener à bien son objectif, entre autres en obtenant des documents qui n’ont pas été fournis à la justice, mais elle a d’ores et déjà l’intérêt de prêter une oreille attentive à des victimes qui ont, le plus souvent, été bâillonnées …
D’autres auditions, de responsables de DCNS mais aussi de personnalités politiques (Renaud Donnedieu de Vabre, directeur de cabinet de François Léotard lors de la signature du contrat Agosta ainsi que Nicolas Bazire, directeur de cabinet du premier ministre en 1994) sont attendues avant fin janvier et le rapport devrait être rendu courant avril 2010.
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LES « VERITES » DE JEAN - LOUIS BRUGUIERE …
Ce matin, l’ancien juge anti – terroriste Jean – Louis Bruguière est intervenu sur les ondes de France Inter pour parler de sa carrière. Interrogé sur l’attentat de Karachi, il s’est dit intimement convaincu que celui-ci était le fait d’Al Qaeda, désavouant ainsi les juges Trévidic et Jannier qui ont écarté cette seule hypothèse. Ils ont notamment annulé, début octobre, le mandat d’arrêt lancé en 2007 contre Mati Ur Rehman, proche d’Al Qaïda, privilégiant plutôt l’hypothèse d’un attentat commandité par des militaires pakistanais, sur fond d’opérations de corruption …
Monsieur Bruguière ajoute qu’il trouve Marc Trévidic « inutilement pessimiste » quant à l’état de la justice française !!! Secret défense élargi, volonté de suppression des juges d’instruction … Rien d’inquiétant pour lui, peut être ! Mais pour tout ceux qui veulent croire que des affaires sensibles ont encore leur place aux assises, comme c’est notre cas, il y a vraiment de quoi s’inquiéter.
Monsieur Bruguière, sachez que nous, familles de victimes décédées, considérons que notre plus grande chance dans cette affaire a été l’arrivée d’un juge d’instruction courageux, indépendant et suffisamment ouvert d’esprit pour ne pas s’entêter dans une seule voie. Mais croyez bien qu’en tant que parties civiles, les 5 années de procédure que vous avez diligentées nous ont servi de leçon : nous sommes désormais extrêmement vigilantes à l’avancée de l’enquête et nous essayons de jouer notre rôle le plus pleinement possible, d’autant que l’on nous en donne maintenant la possibilité.
Nous aimerions pouvoir dire « sans rancune » monsieur Bruguière mais … la vérité est trop importante à nos yeux pour passer l’éponge !
Chacun a des ambitions dans la vie … la notre est de rendre justice à nos proches.
A lire, l’article « Jean-Louis Bruguière, Juge peu coopératif » – 10 Novembre 2009 – Libération
Vous êtes contre la suppression des juges d’instruction, signez la pétition :
http://www.jeunesmagistrats.fr/instruction/
A lire, l’article du 5 Novembre de Mediapart « Karachi: depuis la Suisse, des rétrocommissions vers des politiques français? ».
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LEVEE DU SECRET DEFENSE …
Seulement 40 documents déclassifiés pour un attentat visant des français travaillant au titre d’un contrat d’armement signé il y a plus de 15 ans, cela semblait déjà peu.
Nous savons aujourd’hui qu’en plus ces documents n’ont pas été déclassifiés dans leur intégralité puisqu’un grand nombre de paragraphes ont été cancellés et de nombreux passages floutés.
Aucun document antérieur à l’attentat de Karachi n’a été déclassifié, il n’y a donc absolument aucune note concernant la négociation et signature du contrat agosta, aucune mention des bénéficiaires de commissions ou allusion aux rétros commissions, aucune allusion aux écoutes téléphoniques sur le cabinet de François Léotard.
On peut cependant noter quelques éléments venant confirmer le fait que l’Etat Français était au courant depuis 2002 que Azif Zaheer d’abord condamné puis relaxé en mai 2009 pour avoir participé à cet attentat n’était qu’un bouc émissaire : en décembre 2002 il a été écrit que : « le seul indice matériel porté à l’appui de l’accusation de la police était le livret d’immatriculation de la Toyota corrolla ayant servi à l’attentat mais que ce livret était en fait en possession de la police depuis de nombreux mois », il est ajouté que les détonateurs trouvés ont été dissimulés par la police elle-même .
En mai 2002, Concernant DCN il est indiqué que « Une négligence de sécurité se confirme dans l’itinéraire de déplacement entre les hôtels et le site militaire. Une piste au sein du pouvoir politique est la plus souvent évoquée ».
En 2009 : « La spéciale branche de la police pakistanaise de Karachi avait rédigé un rapport 18 jours avant l’attentat confirmant la thèse d’une attaque planifiée contre un objectif occidental ».
Une fois de plus le comportement des autorités françaises quant à ce dossier est inadmissible, une fois de plus il ne s’agit que de laisser croire que la transparence règne sur ce dossier…
En juin dernier, après avoir qualifié la thèse de la corruption de « grotesque » notre président a dit « nous sommes dans un pays où tout se sait, où le secret d’état n’existe pas »… Si cette thèse est aussi grotesque que notre gouvernement est transparent, alors nous sommes sur la bonne voie….
Le gouvernement ne pouvait pas se permettre de refuser la levée du secret défense vis-à-vis de l’opinion publique, la solution a donc été d’accorder la déclassification de documents qui n’apportent pas grand-chose au dossier, il ne s’agit là que d’une énième opération de communication de l’exécutif.
Loin d’apporter les réponses à nos questions, cette déclassification nous permet seulement de confirmer ce que nous savions déjà à savoir que :
- L’attentat était prévisible
- DCN n’a pas pris les mesures nécessaires à la protection de son personnel et a donc une part non négligeable de responsabilité dans ce qui est arrivé.
- L’Etat Français savait depuis 2002 que Azif Zaheer n’était qu’un bouc émissaire dont la culpabilité a été montée de toute pièce, mais a tout de même continué à nous faire croire en cette thèse, nous sommes donc en droit de nous poser une question…pourquoi ???
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Les dernières révélations de Libération et de Mediapart (cf. articles du 17 Octobre 2009) vont dans le sens de l’intérêt du juge d’instruction concernant la piste d’un attentat en lien avec le contrat Agosta, contrat sur lequel nos proches étaient missionnés.
Bien que ne possédant pas (encore ?) de preuve matérielle liant l’attentat à l’arrêt du versement de commissions, un certain nombre de vérités s’imposent dans ce dossier :
1. La Haute Cour du Sindh (province pakistanaise) a ordonné la relaxe de Rizwann et Zaheer, condamnés à mort en 2003, pour manque de
preuve voire aveux contraints et forcés …
La piste islamiste s’éloigne donc de plus en plus !
2. Selon un ancien dirigeant de la DCN, M. Menayas, auditionné en mai par le juge Trévidic, une part des commissions (celle destinée
au « political level ») a été stoppée par Jacques Chirac en 1996 en raison de soupçons de rétrocommissions – illégales même avant 2000.
Ces révélations de M. Menayas ont été accréditées par l’ancien ministre de la Défense de J. Chirac, Charles Millon, et des documents
internes de DCNS…
Donc l’arrêt du versement des commissions ne semble pas être une légende !
3. 2 documents ont été perquisitionné au siège de la DCN ces derniers mois : l’un évoque les moyens pour la DCN et sa filiale DCNI de
récupérer les sommes qui n’ont pas été versées aux intermédiaires du contrat Agosta (4% de 825 millions d’euros tout de même !) ; l’autre
indique que l’intermédiaire missionné par la DCN a agi en «violation de la clause prohibant les retours des commissions en France »…
La DCN aurait donc été « au parfum » des rétrocommissions illégales.
Pendant ce temps, Monsieur Sarkozy refuse toujours de nous recevoir, faisant de nous des parias … des indésirables au pays des non dits et des tabous !! Il n’est apparemment pas de bon ton, en France, de chercher la vérité à tout prix …
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vendredi23 octobre 2009
Une enquête sur des pots-de-vin pourrait menacer Sarkozy
La livraison de sous-marins français au Pakistan a donné lieu à des versements suspects, orchestrés depuis Genève. Les protagonistes de l’affaire gardent le silence
«Ce qui se dit, c’est que Sarkozy a toutes les chances d’être réélu en 2012, sauf si ce dossier explose.» Cette petite phrase d’un connaisseur de l’affaire donne une idée de l’intérêt que suscite, en France, un volet oublié de l’enquête genevoise sur les pots-de-vin destinés aux dirigeants du Pakistan.
Cette procédure a été classée l’an dernier à la demande du principal mis en cause, Asif Ali Zardari, le veuf de Benazir Bhutto, devenu président pakistanais. Mais elle a permis de découvrir un ensemble de versements suspects, partant de comptes suisses et de sociétés liechtensteinoises vers des bénéficiaires finaux en France et en Espagne. L’ordre de grandeur de ces flux serait d’une douzaine de millions de francs.
Contrats d’armement
A qui était destiné cet argent? Selon un enquêteur, les fonds ont été «vraisemblablement» versés en liaison avec des contrats d’armement, notamment la livraison de sous-marins français au Pakistan au début des années 1990. Cet aspect a fait l’objet d’une «analyse assez poussée» et de perquisitions bancaires en Suisse, mais la France n’aurait «pas montré beaucoup d’enthousiasme» pour clarifier, à l’époque, cette partie du dossier.
A Genève, un homme devrait en savoir plus: l’avocat Hans-Ulrich Ming qui, selon un connaisseur de l’affaire, est «apparu comme signataire de comptes». L’avocat dit tout ignorer du versement de commissions vers la France et, arguant du secret professionnel, se refuse à d’autres commentaires.
Autre nom, apparu sur un contrat de «consultant» publié par le site bakchich.info, celui de Ziad Takieddine, un Libanais parfois présenté comme très riche et bien introduit dans les milieux politiques français. «Je ne suis ni important ni riche, rétorque-t-il. Me Ming, je le connais un peu, je l’ai rencontré une fois. Mais je n’ai fait l’objet d’aucune investigation en Suisse, je n’ai rien à faire dans cette affaire.»
Il dénonce les «affabulations» et les «fabrications» des médias qui l’ont présenté comme l’intermédiaire décisif dans la vente des sous-marins. Avant de préciser – curieusement pour quelqu’un qui dit tout en ignorer – que cette transaction a dû se faire «dans l’intérêt des Etats».
Il est vrai que les rumeurs qui entourent le dossier incitent à la prudence. Il est notamment question d’un coffre renfermant des documents explosifs, au Luxembourg ou en Suisse, où figurerait le nom de Nicolas Sarkozy. Il était ministre du Budget à l’époque du contrat et chargé, à ce titre, d’approuver les commissions versées en marge des contrats d’armement. Après sa victoire à la présidentielle de 1995, Jacques Chirac avait interrompu les versements liés aux sous-marins, qu’il soupçonnait d’alimenter les réseaux de son rival Edouard Balladur, mentor de Nicolas Sarkozy.
Attentat de Karachi
Cette dimension politique – qui reste mal documentée – explique l’excitation des médias français pour le sujet. Deux livres et une émission de Canal + sont en préparation, pour explorer d’hypothétiques connexions entre la vente des sous-marins et l’attentat qui a coûté la vie à 11 ingénieurs venus les assembler, en 2002 à Karachi. Mercredi, la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a annoncé que les documents confidentiels réclamés par les juges chargé du dossier avaient été déclassifiés, une promesse faite par Nicolas Sarkozy l’été dernier.
L’enquête ouverte en France s’intéresse aussi à l’aspect financier du contrat. Et sur ce point, les enquêteurs suisses sont formels: «Il y a, dans notre dossier, beaucoup de réponses aux questions que se posent les Français.»
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Lettre du collectif, parue dans Mediapart
Monsieur le Président de la République,
Depuis le début de votre mandat, vous êtes, à maintes reprises, intervenu dans divers dossiers touchant à la liberté comme la libération des infirmières bulgares ou celle d’une désormais célèbre otage des farc, la prise en charge des victimes de crashs d’avions, ou encore l’avenir socio – professionnel de nos compatriotes comme en ce moment avec l’affaire Molex pour laquelle l’Etat s’immisce dans la reprise d’une entreprise privée.
Ce type d’intervention est bien sûr indiscutable et le but de ce texte n’est absolument pas de les contester, mais lorsqu’il s’agit des familles de victimes de l’attentat de Karachi, morts en mission pour une entreprise à l’époque détenue à 100% par l’Etat et aujourd’hui société privée à capitaux publics pour près de 75% de son capital, le discours n’est plus le même et le soutien inexistant.
Nous nous permettons de vous rappeler que notre courrier daté du 8 mai 2009, peu de temps avant votre entretien avec Azif Ali Zardari, est aujourd’hui resté lettre morte…
Vous prônez le besoin de sécurité, d’égalité et de justice, dans votre discours de politique étrangère. Vous avez d’ailleurs déclaré le 27 août 2007 :
« [...]Je suis enfin de ceux qui pensent que la France demeure porteuse d’un message et de valeurs qui résonnent à travers le monde, ceux de la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, de l’humanisme[...] »
Monsieur le Président de la République, si ce discours était sincère, si vous ne souhaitez pas que les jolis messages humanistes français ne soient décrédibilisés par l’indifférence à l’égard de familles de victimes aux revendications légitimes, si les propos que vous avez tenus lors de votre discours à Bruxelles en juin dernier (*) n’étaient qu’une piètre erreur de communication, si vos promesses de justice et de respect des victimes ne sont pas que des promesses électorales, alors vous n’avez d’autre choix que de recevoir notre Collectif, afin de nous assurer de votre soutien indéfectible dans cette affaire.
Nous ne sommes pas des « trucs », nous sommes citoyens français et, à ce titre, l’Etat nous doit la vérité et le respect.
Il y a peu, l’une d’entre nous a pensé « Apparemment, Monsieur Sarkozy préfère serrer la main de Kadhafi plutôt que celle d’une veuve de Karachi » … prouvez lui qu’elle se trompe …
Collectif des familles de victimes de l’attentat de Karachi
(*) pour mémoire: « Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd’hui, j’y étais… (rires dans le public) c’est incontestable. »Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: « Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c’est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu’est-ce que vous voulez que j’aille répondre là-dessus. »
Le 19 Juin 2009, question d’un journaliste à Nicolas Sarkozy :
« Selon les informations qui ont été rapportées hier à la suite d’une réunion entre les parties civiles dans l’attentat de Karachi et les juges d’instruction, il semblerait que l’origine de l’attentat ne soit pas due à un acte terroriste mais plutôt à des représailles de l’Etat pakistanais après le non versement de commissions. On parle même de rétro-commissions qui auraient pu alimenter la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Est-ce que en tant que ministre du Budget, vous avez été au courant de tels accords ? »
Réponse de Nicolas Sarkozy, après un léger rire: « C’était pas la peine de vous mettre à ma droite pour parler de ça, franchement. Enfin écoutez c’est ridicule. Franchement, monsieur, franchement c’est ridicule. Pas vous, hein, je me permettrais pas, je vous respecte mais enfin écoutez. Soit il y a des éléments, donnez-les nous. (Balbutiements). C’est grotesque, voilà, c’est ma réponse. Alors qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. Raisonnement: Pour son financement Monsieur Balladur aurait accepté des commissions qui n’auraient pas été payées ensuite et ça a donné Karachi… Mais enfin, respectons la douleur des victimes. S’il vous plaît mais qui peut croire à une fable pareille. Qui peut croire à une fable pareille. Et puis si vous avez des éléments donnez-les à la justice et demandez à la justice qu’ils enquêtent. Mais enfin franchement qu’est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Mais, honnêtement, qu’est-ce que vous voulez que je réponde là-dessus. Y a 14 ans, de surcroît. On est dans un monde où tout se sait, où la notion de secret d’Etat n’existe plus. 14 ans après vous venez me poser la question: ‘est-ce que vous êtes au courant de rétrocommissions qui auraient pas été versées à des Pakistanais dans le cadre de la campagne de Monsieur Balladur’. Et vous, vous étiez pas au courant non plus, non ? Vous, vous, vous étiez peut-être journaliste à cette époque, peut-être à ce moment là je vous aurais… non, mais je ne vous en veux pas mais enfin écoutez franchement. (Soupir). Enfin, si y a un braquage à Bruxelles aujourd’hui, j’y étais… (rires dans le public) c’est incontestable. »
Nicolas Sarkozy se met alors à rire avant de reprendre: « Non pardon, hein, je ris pas du tout parce que Karachi c’est la douleur de familles et de trucs comme ça… mais… qu’est-ce que vous voulez que j’aille répondre là-dessus. »
22 octobre 2009 à 16 h 01 min
@hikado85
Je suis tout à fait d’accord avec les 3 premiers paragraphes de votre commentaire : indigne, mais aussi ignoble.
Où je ne vous suis plus, plus du tout, c’est dans la suite : l’intérêt supérieur de la France justifierait – non la réponse indécente tant dans le fond que dans la forme du Questionné de Bruxelles – que l’on jette un voile pudique sur des turpitudes , sans doute courantes dans ce type de relations entre Etats, mais néanmoins inévitables – il faut savoir ce que l’on veut : de la morale ou des sous (pour la France – via son industrie d’armement, et pour soi – directement ou indirectement).
Non. Ce type de raisonnement a été tenu bien des fois, mais a pu aboutir à l’Affaire Dreyfus. Et la France n’en a « tiré bénéfice » au regard des autres nations, qu’après avoir nettoyé définitivement (bien que tardivement) l’Ecurie : l’honneur (prétendu tel) de l’Armée n’était pas dans la magouille.
Le voile pudique peut se transformer en tunique de Nessus.
21 juin 2009 à 13 h 10 min
Que Monsieur Sarkozy se permette de sourire et de rire d’un attentat ayant fait onze morts parmi nos compatriotes n’est pas à la hauteur de la fonction du président de la République française. Ce n’est pas la première fois que cela lui arrive de rire dans un cadre qui ne s’y prête pas : on l’avait déjà vu le 6-juin. C’est consternant. Lorsque la douleur est vive et récente, c’est encore plus insoutenable.
S’agissant d’une hypothèse tout sauf fantaisiste, défendue par les familles des victimes et prise très au sérieux par la justice, on comprend que Nicolas Sarkozy ne puisse qu’en sourire et répondre de façon pathétique, par des « non mais franchement », « y a 14 ans », « la douleur des familles et des trucs comme ça », « y’a plus de secret d’état aujourd’hui » en balbutiant, alors qu’il pourrait lui-même être impliqué selon plusieurs sources proches du dossier.
Son attitude me paraît donc parfaitement indigne.
Cela dit, la recherche de la vérité pour les familles des victimes semble prendre une tournure glissante. La détérioration des relations entre la France et le Pakistan déjà très instable comporte un risque pour la stabilité de la région et en particulier s’agissant du conflit indo-pakistanais au Cachemire.
Dans ce cadre, le jeu en vaut-il la chandelle ? Je veux poser par là respectueusement une question un peu sensible : ne doit-on pas mettre en balance la vérité pour les familles des victimes d’une part, et l’intérêt public supérieur de la France d’autre part ?
Car quoi que l’on puisse penser des autorités françaises aujourd’hui et hier (qui ne me semblent pas, en tout état de cause, directement responsables de la tragédie qui a eu lieu), leur déstabilisation sur le plan international n’est-elle pas encore plus dangereuse pour les militaires français que le voile pudique que le secret d’Etat pourrait laisser sur cette tragédie ? Si la vérité n’a pas de prix pour la famille d’une victime, ne doit-on pas sacrifier aujourd’hui la recherche de cette vérité dès lors que le risque que l’on prend à la chercher atteint des proportions aussi considérables ?
Je vous remercie de m’avoir lu et renouvelle mes condoléances profondes et sincères pour chacune des familles des victimes de ce terrible attentat.